Économie et Gestion

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Jouer en classe mais sérieusement apprendre...

30 / 06 / 2016
Compte-rendu d’expérimentation du jeu LUDIVILLE (Groupe BPCE) en BTS Banque au lycée M. Sorre de Cachan

 

 


Wilhem LORDINOT : Enseignant BTS Banque, Lycée Maximilien Sorre Cachan
Pradeepa THOMAS : Doctorante laboratoire d’informatique à Paris 6 (LIP6), Enseignante BTS Informatique de Gestion, Lycée Maximilien Sorre Cachan


 

I. Le contexte
A. Public
Etudiants de BTS Banque en formation initiale au lycée Maximilien Sorre de Cachan (94).
2 groupes d’une dizaine d’étudiants sur une séance de 2h.
B. Partie du référentiel visée
Unité U5-A : Techniques bancaires du marché des particuliers.
Sous partie : Besoins de financement
Thème : Crédits immobiliers
C. Objectifs de la séquence
  • Utiliser le jeu sérieux dans le cadre de la formation pour compléter les connaissances apportées par le cours.
  • Avoir un ressenti de l’enseignant et des étudiants sur ce nouveau dispositif d’apprentissage.
  • Evaluer l’évolution des connaissances après l’utilisation du jeu.
D. Modalités
1) Questionnaire d’évaluation sur des concepts du crédit immobilier
2) Présentation du jeu : interface et prise en main
3) Pratique du jeu par les étudiants avec circulation de l’enseignant dans la classe
4) Questionnaire d’évaluation sur des concepts du crédit immobilier (le même qu’en début de séance)
5) Questionnaire d’appréciation sur le jeu
II. Présentation du jeu
Le jeu « Ludiville » a été développé par l’entreprise « KTM Advance » pour le groupe BPCE. Il s’agit d’un outil de formation professionnelle actuellement utilisé en agence. Nous avons eu l’autorisation de l’utiliser à titre expérimental en classe.
L’idée est de permettre aux conseillers clientèle particuliers de se familiariser avec le montage d’un dossier de crédit immobilier en appliquant les bonnes procédures métier. Le joueur incarne un conseiller de clientèle chargé de monter des dossiers de prêt immobiliers pour des clients. L’objectif est non seulement de gagner du temps lors des rendez-vous en allant à l’essentiel des documents mais aussi d’améliorer la qualité des dossiers montés.
Les actions de jeu sont matérialisées par des cartes à jouer qui représentent des questions posées et/ou des documents demandés au client.
D’un point de vue ludique, le joueur tente de maximiser son score et le nombre de dossier complet. Au fur et à mesure des dossiers traités, le joueur contribue au développement de la ville.
 

Figure 1 L’interface du dossier de prêt
 
Figure 2 La vue ville du jeu

 
III. L’avis des étudiants
Extraits des réponses au questionnaire d’appréciation :
« Le jeu permet de se familiariser avec le crédit immobilier. »
« En jouant, on minimise les risques, on peut se tromper, ce n’est pas grave. »
« J’ai beaucoup appris grâce à ce jeu, le crédit immobilier est plus clair maintenant. »
« Le jeu est très approprié dans la formation. Expérience à refaire. »
« Il faudrait deux versions du jeu : une avec des conseils et justification des erreurs et une pour s’évaluer. »
« La simulation du métier est très intéressante. »
« C’est ludique et interactif, tout en étant instructif. »
« Le jeu m’a permis de mettre en pratique ce que j’apprends en cours. »
« J’aurais aimé avoir des indices au bout d’un moment. »
« C’est un outil moderne avec un visuel sympa. »
« Le jeu va à l’essentiel des documents et des infos à demander à un client. »
« J’aurais aimé que l’on m’explique les réponses et que l’on argumente. »
« Le jeu donne une procédure chronologique sur le montage d’un dossier de prêt. »
IV. L’avis de l’enseignant
1. Une mise en situation 
Les étudiants mettent en pratique les connaissances vues en cours en montant de manière effective des dossiers de prêts. Ils sont confrontés au traitement d’un dossier de prêt dans son intégralité, ils approfondissent donc certains aspects traités rapidement en cours faute de temps.
Le jeu s’avère être un outil complémentaire à la formation. Il peut s’utiliser après le cours pour évaluer et tester les connaissances.
Il peut également être utilisé en début de séance (le premier niveau uniquement) pour introduire les concepts et donner des intuitions sur ces concepts.
2. Une professionnalisation
Dans le BTS Banque, il n’existe pas à proprement parler de moduleconsacré à des activités professionnelles telles que les Activités Professionnelles de suivi en BTS CGO ou les Actions Professionnelles en BTS IG, sauf sur le plan du développement commercial de produits bancaires à maîtriser. Le recours à Ludiville permet aux étudiants une mise en situation professionnelle ou se mêlent la règlementation et la pratique de la gestion du risque. Les étudiants simulent un poste qu’ils sont susceptibles d’occuper à l’issue de la formation. Ils sont en totale immersion et incarnent un conseiller clientèle devant satisfaire la demande de ses clients.
3. L’utilisation d’outils informatiques
Dans le cadre de la formation, le recours aux outils informatiques bien que conseillé reste limité. L’utilisation de Ludiville permet aux étudiants de se former via un média original et différent.Il insère dans la formation l’utilisation d’un outil proche de ceux utilisés dans laprofession en termes de concepts. C’est une application informatique cohérente avec l’approche professionnelle dans ce domaine du crédit. L’équivalent en matière d’épargne couplée à une problématique fiscale (l’épargne est souvent en lien avec des avantages fiscaux) serait un bon complément.
V. Conclusion : le jeu sérieux en classe quels apports ?Quels enjeux ?
A. Un jeu apprécié par les étudiants
1. Immersion et challenge
Le groupe était motivé par cette expérience. Le public était composé d’habitués de jeux vidéo (environ 1/3) et de non-joueurs.
Les étudiants ont pris en main rapidement l’interface et se sont immergés dans le jeu. Nous avons observé une stimulation et un challenge importants : ils comparaient leurs performances en termes de score et de nombre de tentatives pour construire correctement un dossier de prêt.
A l’issue de la séance, les étudiants se demandaient qui avait traité le plus de dossiers dans le temps imparti.
2. Un besoin d’explication des erreurs commises
Par moments, les étudiants sollicitaient l’enseignant pour comprendre pourquoi telle ou telle action était fausse dans le jeu.
3. Une sympathie envers les personnages du jeu
Chaque client était découvert avec amusement et sympathie. L’apparition des maisons à chaque dossier validé et l’évolution de la ville étaient également appréciés.
B. Des besoins complémentaires pour l’enseignant
1. Des indicateurs de suivi pour l’enseignant
Le jeu sérieux ne peut être utilisé en tant qu’outil de formation que si des outils de suivi du joueur/apprenant lui sont associés. Dans la version utilisée en banque le jeu intègre des indicateurs de suivi pour le formateur. Pour des raisons techniques, la version utilisée dans le cadre de cette expérimentation n’intégrait aucun indicateur.
L’enseignant souhaiterait obtenir la performance de chacun de étudiants pour chaque cas client ainsi qu’un récapitulatif sur les compétences acquises et manquantes pour chaque étudiant mais aussi de manière agrégée sur la classe.
2. Une possibilité de modifier et d’ajouter des éléments dans le jeu
L’enseignant aimerait pourvoir gérer les cas clients proposés aux étudiants. Ainsi, selon les éléments traités en cours, les étudiants auraient à traiter les cas clients mettant en pratique ces notions.
L’enseignant souhaiterait également enrichir la base de cas afin de traiter à plusieurs reprises dans des contextes différents des notions importantes du programme.
3. Une réflexion sur le type de remédiation à apporter
La remédiation se fait-elle dans le jeu ? Doit-on donner la bonne réponse à l’étudiant au bout d’un certain nombre de tentatives ? Il est difficile pour l’enseignant de faire de la remédiation individualisée pour chaque erreur commise par l’étudiant.
Le jeu doit-il s’adapter au niveau de l’étudiant ? Peut-on proposer de manière automatique des cas correspondant aux compétences manquantes ?
C. Une contribution à l’apprentissage
1. Une nette amélioration de la terminologie utilisée par les étudiants
A l’issue du jeu, les étudiants répondent de manière plus précise aux questions et utilisent les termes appropriés.
2. Une identification claire de ce qu’est un dossier de prêt
Le dossier de prêt et les étapes de sa constitution sont assimilés. (il s’agit des différent onglets de l’interface graphique).
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3. Des concepts mieux assimilés
  • Les offres complémentaires associées à un prêt immobilier
  • Les documents nécessaires pour un décaissement de prêt
  • Les différents types de garanties et assurances
  • L’indivision
 

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