Économie et Gestion

L’épreuve de spécialité au baccalauréat STG - Communication et gestion des ressources humaines - octobre 2010

31 / 01 / 2011
Compte-rendu


Les professeurs d’économie et gestion de l’académie de Créteil, enseignant la spécialité Communication et gestion des ressources humaines, se sont réunis afin de réfléchir aux meilleures façons de faire réussir les élèves à l’épreuve de spécialité du baccalauréat.

 
Cette réunion de travail s’est déroulée le mardi 12 octobre 2010 à l’UPEC-SSTP (IUFM) de Saint-Denis. Une trentaine de professeurs y ont participé.
 
Le programme de travail était le suivant :
 
La matinée a porté sur l’étude. Après un temps consacré au rappel du cadre règlementaire de l’épreuve, madame Nathalie Cansouline, professeur au lycée Léon Blum de Créteil, a présenté une méthodologie de travail de préparation à l’étude. Le carnet de bord élaboré est mis à disposition des enseignants sur le site académique à l’adresse http://economie-gestion.ac-creteil.fr/spip.php?article202
 
De nombreux témoignages de pratiques ont nourri les échanges qui ont été riches.
Une réflexion sur les thèmes publiés au BO a été menée, permettant d’expliciter les thèmes d’étude de la session 2011, d’échanger sur les (bonnes) pratiques de construction de sujets d’étude et de tenter de trouver une convergence sur la préparation et le suivi.
 
L’après-midi a porté sur l’épreuve écrite de spécialité. Un premier temps d’échange en assemblée plénière a porté sur les difficultés rencontrées par les élèves et les stratégies de préparation à cette épreuve. A partir de quatre études de cas d’examen, des échanges en atelier ont ensuite permis de faire une lecture dynamique des programmes d’information-communication et d’information-gestion de classe de première et du programme de communication et gestion des ressources humaines de terminale (identification des parties des programmes principalement mobilisées dans les études de cas) et de repérer les verbes d’action les plus fréquemment utilisés dans les sujets. Ce travail a conduit chaque professeur à identifier un ou plusieurs axes prioritaires de progrès sur lequel il travaillera durant cette année scolaire afin de faire progresser les élèves dans cette épreuve.
 
 
Rappel des ressources disponibles
 
 Textes officiels
§ BO n°10 du 9 mars 2006 et rectificatif du 23 mars 2006
§ Lettre DGESCO 2008-0626
 
 Ressources en ligne sur le site disciplinaire de l’académie de Créteil
§ Compte rendu de l’animation sur étude et projet 2009
§ Les TIC dans les programmes de STG
§ Le vademecum du bac STG (version 2009)
§ Des vidéos de simulation de l’oral de spécialité
§ Les thèmes d’étude pour l’épreuve de spécialité – session 2011
 
 
 
 
 
 
 
 
1. La préparation de l’étude
 
Les thèmes d’étude de la session 2011
Les thèmes d’étude sont parus au BOEN le 22 juillet 2010.
Pour la spécialité communication et gestion des ressources humaines ce sont :
- Réseaux et communication dans les organisations
- Organisation du travail et cohésion des groupes
- Sécurité et santé au travail
 
Les caractéristiques d’un bon sujet :
Selon les textes officiels et les travaux réalisés précédemment en formation, il est rappelé qu’un « bon » sujet doit répondre aux caractéristiques suivantes :
- il est conforme avec le thème national
- il est conforme au programme
- il est réalisable en termes de volume horaire (12 heures)
- il est à la portée de l’élève qui ne sera pas dépassé par les concepts
- il est unique dans la classe
- il n’induit pas la reconstitution d’un chapitre de cours
- il n’induit pas une simple énumération
- il permet une réponse structurée à une problématique
- il est assez ambitieux pour mettre en valeur les capacités de l’élève
- il s’appuie sur des exemples concrets
- il est réalisable avec les sources disponibles pour l’élève
 
Les échanges ont notamment porté sur l’importance de valoriser les candidats qui font le choix de traiter des sujets plus difficiles. S’il convient de ne pas pénaliser les candidats qui arrivent à bien traiter des sujets plus classiques (exemples : la segmentation des marques de distributeurs, la segmentation de l’entreprise X), il est souhaitable que les candidats qui font l’effort de se lancer dans des sujets moins classiques et plus difficiles soient « récompensés ».
 
 
La méthodologie de préparation de l’étude
 
 
 1ère ÉTAPE : Définir les sous thèmes :
A partir du programme de la spécialité, le professeur repère les grands axes de recherche sur chacun des thèmes. Ce repérage permet aux élèves de situer leurs connaissances et de se repérer dans la progression.
 2ème ÉTAPE : Analyser les termes du thème national et des sous thèmes avec les élèves 
A l’issue de cette étape le professeur fait choisir un sous thème aux élèves. Il veille à ce que les thèmes et sous thèmes soient répartis de façon équilibrée entre les élèves. 
 3ème ÉTAPE : Définir le sujet
Travail de l’élève, qui, à partir des premières recherches propose un sujet d’étude. Le questionnement QQOQCP est le plus utilisé pour faire émerger des sujets. Mais il est aussi possible de mettre en relation des termes, de les contextualiser (s’attacher à un secteur d’activité, à une entreprise).
 4ème ÉTAPE : Formuler le titre de l’étude
L’élève formule en une phrase un titre au sujet d’étude qu’il a choisi.
 5ème ÉTAPE : Approuver le sujet ou le rejeter
Le professeur valide ou pas le sujet en fonction d’un ensemble de critères
 
Le choix du sujet est bien la partie la plus complexe de la préparation. L’écueil rencontré résulte de la nécessité pour les élèves de définir un sujet sur des thématiques non encore abordées dans le cours. La sollicitation des acquis de première peut ici être utile. Certains enseignants suggèrent une adaptation de la progression retenue en fonction des thèmes nationaux.
 
 
 
La planification de la préparation à l’étude et le suivi des travaux des élèves
 
Les échanges ont permis de rappeler qu’il était souhaitable de commencer le travail de réflexion sur les sous-thèmes et sujets d’étude avant les vacances de la Toussaint afin de pouvoir terminer le travail au plus tard début janvier.
Le suivi individuel est un travail lourd. Il suppose la mise en place d’un planning rigoureux présenté aux élèves le plus tôt possible dans l’année et de différents documents de suivi.
Les collègues notent la difficulté de gérer le temps consacré à l’étude (les 12 heures officiellement imparties par le programme ne semblent pas suffisantes pour assurer un suivi formateur des travaux) et l’importance du travail en dehors des heures de cours que cela demande aux élèves.
Il convient en effet de ne pas trop dépasser cet horaire ce qui se ferait au détriment de la préparation de la partie écrite de l’épreuve. La faiblesse des résultats à l’épreuve écrite de spécialité ne serait-elle pas aussi due « au surinvestissement » qui se fait sur l’épreuve pratique, qui ne laisse plus suffisamment de temps pour préparer l’épreuve écrite ?
 
 
2. L’épreuve écrite
 
Les résultats académiques à l’épreuve écrite de spécialité, bien qu’en légère progression (9,12 de moyenne en 2010 contre 8,48 en 2009), restent faibles. 23,7 % seulement des sections dépassent la moyenne de 10 et 7,9 % dépassent 11 de moyenne.
D’ailleurs la spécialité communication et gestion des ressources humaines obtient un taux de réussite au bac STG de 78,55%, alors que toutes spécialités confondues le taux atteint 79,05 % dans l’académie de Créteil et 83,7 % au niveau national
Il est par conséquent important de s’interroger sur les principales raisons à l’origine de ces résultats et des difficultés des élèves qu’ils reflètent, d’avoir un échange sur les pratiques de préparations mises en œuvre par les professeurs, pour identifier des leviers, des actions à mener qui contribueront à une amélioration des résultats.
 
Les difficultés des élèves
 
Lors des échanges en assemblée plénière, les professeurs ont principalement identifié les difficultés suivantes (difficultés repérées auprès de leurs élèves et lors de la correction de l’épreuve au baccalauréat) :
 
- difficultés à comprendre les consignes, les attendus, la formulation des questions
- les élèves oublient de traiter une partie de la question quand celle-ci comporte plusieurs sous-questions ou verbes directeurs
- difficultés à faire le lien entre leurs connaissances (les cours) et ce qui est demandé dans un sujet d’étude de cas. Bien que possédant certaines connaissances, les élèves n’arrivent que difficilement à les mobiliser dans le cadre du contexte qui leur est donné.
- difficultés à lire efficacement les annexes (perte de temps) et à retrouver les informations pertinentes
- mauvaise gestion du temps (des élèves passent parfois beaucoup de temps sur une question et ne traitent pas l’ensemble du sujet)
- les élèves se contentent trop souvent du minimum (ils citent par exemple une ou deux caractéristiques de la politique de gestion des ressources humaines mise en œuvre, alors que les attendus du corrigé sont plus exigeants ce qui leur fait perdre des points). A cet effet, les professeurs font remarquer qu’il serait pertinent que la formulation de certaines questions soit plus précise (exemple : vous identifierez au minimum trois caractéristiques de la politique de GRH mise en œuvre)
- les élèves ne traitent pas ou mal les parties quantitatives. Les professeurs font remarquer que les élèves, même quand ils connaissent la démarche ou méthode à utiliser (exemple : calcul d’un seuil de rentabilité), ont du mal à trouver la bonne réponse étant donné que les sujets s’éloignent parfois des types d’exercices traités en cours d’année. Dès qu’on s’éloigne d’exercices « standards » les élèves sont en difficulté.
- difficulté à analyser, interpréter, justifier les résultats ou réponses,
- difficultés d’expression, d’orthographe, de syntaxe
 
Les professeurs ont souligné que les études de cas sont a priori bien adaptées, tant dans leur longueur que dans la formulation des questions. Les thématiques abordées sont en nombre limitées et les questions sont relativement prévisibles, ce qui permet un véritable entrainement des élèves à l’épreuve.
Cependant, les professeurs ont relevé que près de 40 % des questions de l’étude de cas portent sur le programme de première. Il est indispensable de consacrer un temps en début de terminale à réinvestir sur le programme de première. Cependant, la lourdeur du programme de terminale ne permet que difficilement de revenir par la suite sur les notions de première mal maîtrisées, en dehors de fiches de révisions remises aux élèves et l’entraînement sur des sujets d’oraux de contrôle.
 
 
Les stratégies de préparation
 
Lors des échanges sur les principaux conseils donnés aux élèves, sur les stratégies de préparation mises en œuvre, les professeurs ont mis l’accent sur l’importance :
 
- d’identifier dans les sujets tombés des questions types, les parties des programmes de première et de terminale qui reviennent plus souvent
- de faire prendre conscience aux élèves que la formulation de certaines questions (exemples : analysez ; calculez et justifiez) induit qu’elles ont un poids plus important dans le barème. L’idée a été émise d’encourager les élèves à se rendre sur des sites comme Ecogesam (www.ecogesam.ac-aix-marseille.fr) pour consulter les corrigés d’études de cas et se rendre davantage compte de ce qui est attendu
- de faire un travail autour de la signification des verbes d’action (analysez, caractérisez, identifiez, justifiez…) et de la compréhension des consignes.
- d’encourager l’autoévaluation des élèves et les évaluations croisées. Le fait qu’un élève corrige une copie d’un camarade peut l’aider à mieux comprendre ce qui est attendu, ainsi que l’importance de soigner la présentation de la copie
- de travailler la méthodologie de réponse à une question (d’abord lire la question, identifier le verbe d’action et les notions mobilisées, rechercher les informations pertinentes dans les annexes)
- de montrer aux élèves comment, sous quelle forme une notion de cours peut être mobilisée dans une étude de cas
- de mettre en place un entraînement progressif à cette épreuve : en général les professeurs commencent par des « mini » études de cas (par exemple de 2 heures sur une partie d’un sujet) pour passer à partir du deuxième trimestre à des études de cas de 4 heures. Dans la plupart des établissements des plages horaires, en dehors des heures de cours, permettent d’organiser des entraînements dans les conditions de l’examen.
 
Les professeurs ont aussi souligné qu’il serait pertinent de faire travailler régulièrement les élèves sur des exercices ou évaluations de courtes durées, en leur laissant le temps qu’ils devraient passer sur ce type de question lors de l’examen (par exemple laisser 20 minutes à un élève pour traiter une question portant sur le calcul de taux d’absentéisme et de rotation et l’intérêt de ces indicateurs pour un DRH). Le professeur ramasse alors la copie au bout du temps imparti. Ce type d’exercice permet aussi de travailler sur la formulation, les verbes directeurs utilisés dans la question.
 
Les axes de progrès, les actions à mener
 
A partir de la première phase d’échanges sur les difficultés des élèves et la stratégie de préparation à l’examen, les professeurs ont ensuite analysé cinq études de cas, dans un double objectif :
 
- repérer les parties des programmes de première information-communication, information-gestion, de terminale communication et gestion des ressources humaines principalement mobilisés dans ces études de cas. Ce travail a été mené grâce à des grilles de lecture dynamique que les professeurs retrouveront dans l’annexe 1.
 
- identifier et expliciter les principaux verbes d’action utilisés dans le questionnement. Ce travail, a fait l’objet d’une synthèse dans l’annexe 2.
 
 
Une piste de travail pourrait consister à construire en partie ses cours et sa progression à partir des études de cas d’examen. Il est également souligné l’importance de varier les situations de travail et d’évaluation (évaluation individuelle, une copie pour deux élèves qui travaillent en binôme, une copie par groupe, mise en concurrence de plusieurs groupes sur une partie d’étude de cas, correction croisée entre élèves…).
 
Il apparaît que la collaboration entre professeur d’information et communication en première et professeur de spécialité CGRH est à renforcer. Une meilleure connaissance par les enseignants de premières des attentes des études de cas serait utile. Dans cette perspective, les grilles d’analyse dynamiques fournies en annexe 1 peuvent être un bon outil de travail.
 
Pour aider les élèves à mieux réussir les parties quantitatives, une pratique occasionnelle de co-intervention d’un professeur de mathématiques et du professeur de CGRH peut être efficace.
Une meilleure collaboration, en classe de première, avec l’enseignant de français pourrait contribuer à une amélioration des qualités rédactionnelles. Une action concertée de l’ensemble de l’équipe pédagogique apparaît nécessaire pour faire face aux difficultés rencontrées dans les productions écrites.
 
Pour conclure la journée, il a été demandé aux différents professeurs de se fixer pour l’épreuve écrite de spécialité des axes prioritaires de progrès sur lesquels ils décideront de travailler à leur retour dans l’établissement et de réfléchir aux actions qu’il conviendra de mener. Lors des inspections individuelles ou des réunions d’équipes, les IA-IPR demanderont aux professeurs quelles actions ils ont décidé de mettre en place pour aider les élèves à progresser.
 

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